Mamadou Ndaw | Chef d’Équipe et Conseiller des Politiques, Qualité des Programmes, BPPS, PNUD

Bienvenue dans notre podcast sur les carrières du PNUD offert par l’équipe de gestion des talents qui fait partie du Bureau des ressources humaines. Les conversations explorent des carrières fascinantes au sein de l’organisation et nous montrent le rôle clé de l’apprentissage continu. Mon nom est Pierre Noël et aujourd’hui, notre conversation est avec Mamadou Ndaw. Bienvenue dans notre programme de podcast sur les carrières du PNUD, Mamadou, et c’est un plaisir de vous avoir parmi nous aujourd’hui.

Merci bien Pierre.

Peut être que vous pourriez vous présenter en quelques mots?

Merci. Moi, Mamadou Ndaw, je suis actuellement conseiller régional du PNUD pour la question d’évaluation, de planification et de gestion sur les résultats. Je suis Malien. J’ai rejoint le PNUD en 2007, d’abord en Centrafrique en tant que spécialiste en programmation des investissements publics. Ensuite en République Démocratique du Congo en 2009, en tant que chef de l’équipe d’évaluation des projets du Fonds commun humanitaire. Et un an plus tard, j’ai dirigé toute l’équipe d’évaluation du Bureau Pays du PNUD en République Démocratique du Congo. Et depuis 2015, j’assure les fonctions de conseiller régional du Bureau Afrique du PNUD en Éthiopie, à Addis-Abeba. Mais entre temps, j’ai fait beaucoup d’autres fonctions, notamment comme représentant résident adjoint au Mozambique pendant la crise des liées au cyclone Ideye. J’ai aussi appuyé le bureau de Jamaïque et Bahamas pendant le cyclone Kenneth qui avait frappé les Bahamas, et aussi Sao Tomé comme représentant résident adjoint et récemment en République centrafricaine pendant un an comme représentant résident en charge du programme pour le PNUD. Merci.

Vraiment une carrière globale et incroyable en soi, Mamadou Ndaw. Merci encore d’être là. Et notre première question c’est, est-ce que vous pouvez nous donner trois mots qui vous décrivent le mieux et comment ces mots correspondent à notre organisation?

Au vu de mes parcours, de mes expériences et de toutes les fonctions que j’ai réalisées, il y a trois mots clés qui me caractérisent principalement. Premièrement, c’est le leadership. Ensuite, la transparence. Et en troisième lieu, tout ce qui touche au savoir, la connaissance et aux compétences. Le leadership, il est important aux Nations Unies, et particulièrement au Programme des Nations Unies pour le développement, nous engagions tous les jours, au jour le jour aussi on peut le dire, avec les gouvernements, avec les partenaires multilatéraux bilatéraux, avec les populations. Il faut un leadership fort, déterminé, qui peut aussi inspirer toutes ces parties prenantes à pouvoir nous amener à mieux faire face à notre fonction qui est encore une fois d’aider la communauté, d’aider les pays, d’aider le gouvernement à se développer. Et donc le leadership en la matière pour tout fonctionnaire international et particulièrement pour un programme comme le PNUD. Il est important, il est crucial, il est critique pour la réussite de cette mission qui est tous les jours de contribuer justement à rendre les populations résilientes, assurer un développement des pays dans lequel nous intervenons en appuyant efficacement les gouvernements. Transparence — nous sommes une organisation régie par des normes d’éthique très importantes, très élevées. Toutes choses que nous faisons au jour le jour doit se faire sur la base de la transparence vis à vis de notre gestion quotidienne au jour le jours. Tout ce qui touche à l’interaction avec le staff, à la gestion des ressources qui nous a amené à détecter qui nous sommes mises à disposition et également vis à vis justement de tous ces que nous pouvons avoir comme message, comme attitude avec nos bailleurs de fonds, avec le gouvernement contrepartie avec laquelle nous travaillons avec les communautés.

La transparence est la clé de succès de toute la mission d’une organisation internationale de développement. La connaissance, le savoir, la compétence sont tout ce qui est lié. De par ma fonction, j’appuie beaucoup les pays. J’appuie beaucoup le gouvernement et j’appuie beaucoup la communauté, non seulement à mieux faire leur travail, mais également à en transmettant le savoir. J’adore partager le savoir. Depuis étudiant, j’aime partager ce que j’ai appris avec mes camarades, avec ceux qui sont, qui étaient en bas de nous en termes de classe ou à la faculté électrique. Et donc partager les connaissances et les meilleurs dons que l’on puisse avoir à partager, comme être sur cette terre. C’est ce qui reste de façon quasiment indéfinie de tout ce qui peut être vu comme bien commun à la disposition des gens qui nous entourent, des communautés qui nous entourent et des gouvernements qui nous entourent. Donc, le savoir, le savoir, le savoir-faire, la connaissance sont des éléments clés de succès pour les missions que nous faisons tous les jours au profit des communautés, au profit des gouvernements et au profit des partenaires.

Leadership, transparence, partage de connaissance, voilà vraiment des mots qui sont clés pour vous et pour l’organisation. Et que représente l’apprentissage continu pour vous? Qu’est-ce que cela signifie pour vous?

Personnellement, depuis que j’ai commencé à travailler, je n’ai jamais arrêté d’apprendre. J’apprends tous les jours avec mes collègues. J’apprends avec mes superviseurs, donc ceux qui sont dans ma hiérarchie. J’apprends avec les communautés avec lesquelles nous nous engageons et j’apprends avec les partenaires, notamment le gouvernement. L’apprentissage continue est si vous voulez, c’est une panacée pour nous permettre d’être au top, d’être proactif, d’anticiper sur les défis auxquels nous pouvons être confrontés et lorsqu’il s’agit d’apprentissage continu. Ce n’est pas seulement dans les livres, mais on apprend beaucoup plus avec nos collègues, quel que soit leur niveau, quelques des chauffeurs et jusqu’au niveau plus élevé. Nous apprenons tous les jours. En partageant une anecdote à la matière, j’avais fait une mission avec des collègues et il y avait un chauffeur qui nous conduisait. On était arrivés. Ça, c’était en République Démocratique [de Congo]. On était arrivé dans une zone où des ponts qui avaient été construits à travers nos appuis étaient tout le temps démantelés par des fortes pluies. Et lorsqu’on avait engagé les communautés pour voir quelle est la méthode alternative pour faire en sorte que ces ouvrages puissent perdurer des réflexions. C’est un chauffeur qui a initié l’utilisation des méthodes locales qui puisse être utilisé, valorisé par la population.

Et on a utilisé des grumes de bois qu’on a mis dans les passages. Et chaque année, quand on passe lorsque les grumes de bois devenaient obsolètes, les populations elles-mêmes utilisaient cela pour remplacer et donc ça nous a réduit les coûts. N’est-ce pas en termes d’infrastructures qui été tout le temps basé sur des bétons, mais qui n’étaient même pas adaptés aux réalités locales, mais surtout, c’est ce que j’ai le plus appris de par cette initiative de part, c’est de savoir que les communautés elles-mêmes ont développé des méthodes qui ont permis aux communautés elles-mêmes de faire en sorte que les ouvrages qu’elles construisent pour leurs besoins perdurent, deviennent résilientes aux différents aléas climatiques. Et ça, c’est le meilleur dont, c’est le meilleur, si vous voulez la meilleure offre qu’il y a toujours en mémoire, donc de la c’est de continuer est important et ça permet toujours, n’est-ce pas, de donner le meilleur de soi-même.

Mais merci pour cet exemple. Effectivement, c’est très intéressant, et j’ai une question par rapport à votre journée typique ou votre semaine typique. À quoi ressemble-t-elle?

Ah oui, une journée typique pour moi. C’est une journée qui commence par faire face à la multitude d’email que je reçois de toute la part du management. Donc depuis New York et puis des bureaux pays, je couvre 48 bureaux pays en Afrique, dans toute l’Afrique subsaharienne et de mes collègues, donc non fait face en première journée à une multitude d’emails, des demandes de clarification, de précisions, de conseils et de décisions à prendre. Et à partir de là, je m’organise et planifier et coordonne les priorités et essaie de dégager les priorités prioritaires. Cela passe forcément par une meilleure organisation de soi qui consiste à faire face aux urgences. Il y a des pays qui, par exemple, demandent qu’il y a un appel du gouvernement par rapport à tel ou tel aspect et aimerait savoir quelle attitude a à conduire et comment aussi faire en sorte que, comparés à d’autres organismes qui sont aussi sollicités par la même partie nationale, comment le PNUD peut avoir la meilleure offre possible. Cela m’amène à organiser, à planifier des réunions urgentes avec ces pays, donner des conseils, comprendre bien la situation et ensuite engager le staff. J’engage régulièrement le staff. Je suis quelqu’un généralement qui écrit moins lorsqu’il s’agit de consulter. Mais je consulte beaucoup plus avec les collègues en réunion en discussion et on formalise souvent par email s’il y a lieu. Ça, c’est important. Et au moment où j’entame la fin de journée, quasiment ici, ça correspond à la matinée sous d’autres cieux, notamment à New York ou bien en fin de matinée, ou bien si vous voulez, en début de matinée, particulièrement pour d’autres pays comme Asie. Et là on engage. Donc c’est une journée bien remplie qui passe par la planification, par l’organisation, par l’engagement avec l’équipe, par l’appui conseil et également par le partage de tout ce que nous pouvons avoir comme expertise, comme conseils, comme appui stratégique à nos différentes parties prenantes.

Effectivement, ça demande beaucoup de talent, de l’écoute, de la collaboration, des négociations. C’est très intéressant. Je pense pour nous tous de comprendre qu’est-ce que cela veut dire de travailler comme vous le faites. Et peut-être, si on parle maintenant plus de votre carrière, on revient à votre carrière. Quel est le meilleur conseil que vous avez reçu au que vous puissiez donner à quelqu’un en terme de carrière pour avoir une carrière épanouissante?

Nous avons tous un mentor lorsqu’on vient aux Nations Unies et particulièrement au PNUD. Mon mentor qui aujourd’hui n’est pas dans ce monde et pour qui je prie pour le repos de son âme, a mis l’accent sur des choses importantes pour moi. Et dès lors, j’ai toujours agi ainsi. La première, c’est de faire en sorte que le domaine dans lequel nous travaillons, la fonction que nous assumons, que nous nous débrouillant le maximum possible, donner le meilleur de nous-mêmes. Cela exige de nous une certaine rigueur en matière de compétence et d’expertise. Il a dit, il me disait — Mamadou, faites en sorte que personne ne puisse vous reprocher par rapport à votre domaine d’expertise. Dépasser vous, donner le meilleur de vous. Nous sommes dans une organisation internationale. Les gens, a priori peuvent penser que les choses peuvent être faciles, mais vous serez confrontés à vos propres réalités. C’est à dire étaient peut-être bien là ce que vous êtes ou vous êtes donné le meilleur de vous, mais ça peut aussi être un cauchemar lorsque vous avez été négligeant. Et il m’a dit, le don de soi, la meilleure connaissance, l’expertise et faire en sorte que vous avez une emprise sur vous-même et sur sur vos actions comme il est déjà ainsi, sur vous et vos activités quotidiennes.

La deuxième chose qu’il m’a dit, qui était très importante pour le succès de tout le personnel, particulièrement pour les jeunes, c’est l’éthique. L’éthique est très importante et m’a dit vous aurez à gérer des hommes, vous vous aurez à gérer des ressources. Faites en sorte que vous le faites dans les règles établies par l’organisation. N’ayez pas d’abus d’autorité, n’ayez pas de comportements qui peuvent amener des gens à douter de votre, votre moralité et donc garder le secret professionnel et de gérer les ressources de façon transparente. C’est pour ça que j’ai mentionné la transparence dès le départ contrôler vos comportements, contrôler vos gestes. Soyez quelqu’un qui puisse toujours supporter vos staffs, mais dans le bien. Et lorsque vous voyez des mauvaises conduites, n’hésitez pas à réagir en conseil, mais également en fonction de tout ce qui est établi comme norme dans l’organisation. Donc pour moi, les deux facteurs principaux qui constituent pour moi mes références, c’est l’expertise, la meilleure connaissance de ce qu’on fait et également l’éthique et la morale.

Vous avez vraiment des très bons conseils. Merci de les partager avec nous. Et si vous aviez la possibilité de tout recommencer à zéro, est ce que vous choisiriez la même voie pour vous ou peut-être pas?

Si je dois recommencer à zéro, je pense que je vais choisir la même voie, mais en élevant encore la barre plus haute. J’aimerais toujours assurer cet appui aux communautés engagées avec des communautés qui sont dans l’extrême pauvreté, qui sont affectées par des phénomènes liés aux catastrophes ou au hasard naturel engagé avec les gouvernants qui vous écoutent, qui vous qui voient en vous, n’est-ce pas une part d’eux-mêmes très importants. Et je pense que c’est toujours pour moi inspirant de continuer justement à travailler dans une organisation qui a tant de valeur et qui est aussi vu par les partenaires comme appui, comme étant, si vous voulez, un partenaire stratégique et important en lequel il se retrouve. Et ça, je crois que si je dois le faire, je vais le faire. Mais en mettant la barre plus haute, en étant tout le temps engagé avec les communautés, en étant un homme de terrain, donc toujours en train de voir ce qui se passe et d’adapter nos réalités et donc d’apporter des bonnes pratiques mais également de tirer des leçons.

C’est vraiment intéressant. On n’est jamais trop ambitieux en fait. C’est peut-être ça qu’on peut retenir. Ce que vous dites… Et nous touchons à la fin de notre podcast est une dernière question. Où est ce que vous aimeriez être dans cinq ans?

Dans cinq ans, j’aimerais bien me retrouver soit en train de diriger une mission des Nations Unies ou un bureau pays du PNUD dans des contextes de pays fragiles, difficiles ou on peut vraiment montrer la valeur ajoutée des Nations Unies, comme on le dit. Et comment avait été au départ l’un des secrétaires généraux. Les Nations Unies ont été créées non pas pour forcément amener l’humanité au ciel, mais pour les prévenir de l’enfer. Je crois que si on peut être dans un pays fragile, un pays des crises, contribuer avec les normes et les valeurs des Nations Unies, l’appui stratégique à apporter un appui important à ses communautés, à les aider à être résilients face aux chocs, aux crises et aux conflits. Cela serait l’un des atouts, pour moi, le plus important et j’aimerais vraiment pouvoir élaborer ou délivrer sur le terrain dans cinq ans. Leadership.

Merci encore, cher Mamadou Ndaw et merci à tous pour votre attention. Nous espérons que cette conversation vous inspirera et vous motivera pour continuer à apprendre et à faire progresser votre carrière. Vous pouvez accéder à tous nos podcasts sur notre page du Talent Hub et sur Spotify. À très bientôt!

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